« Avoir la confiance de Porsche, c’est essentiel. »

Avec deux programmes majeurs cette saison, Jean-Karl Vernay est un homme bien occupé. Le champion en titre de la Porsche Carrera Cup évolue en Championnat du Monde d'Endurance sur la Porsche 911 GT3-RSR alignée par IMSA Performance Matmut mais on retrouve également le natif de Villeurbanne en Porsche Mobil 1 Supercup chez MRS.

 
Si les débuts en Supercup sont jusqu’à présent un peu difficile, le FIA WEC se passant mieux avec une victoire (GTE-Am) aux 24 Heures du Mans. De quoi bien aborder la seconde partie de saison… En complément, « JK » roule ce week-end en European Le Mans Series, toujours chez IMSA, où il épaule Patrice Milesi. Il ne serait d’ailleurs pas étonnant que ce soit lui qui termine la saison dans le baquet de la #67. Alors que son nom revient de plus en plus pour piloter l’une des Porsche LMP1 en 2014, Jean-Karl nous dresse un premier bilan à mi-saison.
 
Laurent Mercier : Ce n’était pas prévu de te voir ici au Red Bull Ring…

Jean-Karl Vernay : « A l’origine, c’est Wolf (Henzler) qui épaulait Patrice mais il y a un meeting American Le Mans Series ce week-end. Je vais faire de mon mieux pour bien figurer sachant qu’il faudra être très prudent dans le trafic. L’équipe a préparé ce meeting très sérieusement où tous les espoirs sont permis. Je fais mes premiers pas sur ce tracé. Porsche a confiance en moi en me demandant de venir rouler ici ce week-end. J’avoue que cela ne me déplairait de terminer la saison avec IMSA Performance Matmut. » 

Le Mans a permis de montrer que IMSA Performance Matmut faisait partie des équipes GT de pointe. C’est aussi ton avis ?

« Nous étions rapides mais je pense qu’on aurait pu l’être encore un peu mieux. L’équipe est impressionnante de professionnalisme. Pour nous, tout s’est très bien déroulé même si les conditions n’étaient vraiment pas faciles. Jusqu’alors, je n’avais l’expérience du grand circuit du Mans qu’au volant d’un prototype après deux années passés à ne disputer que la Journée Test, une première fois sur une Peugeot 908 et l’année dernière sur la ORECA 03 du Sébastien Loeb Racing. J’ai pris beaucoup de plaisir à rouler en GT où les sensations étaient bonnes. Nous nous sommes appliqués à être très prudent dans le trafic. Nous étions la seule Porsche modèle 2012. En course, j’ai roulé plus de 13 heures dans des conditions pas évidentes du tout. J’avais bien préparé l’épreuve avec mon préparateur physique. Mon objectif était d’être aussi rapide que des Patrick Long ou Wolf Henzler. Notre seul souci a été la perte de la direction assistée durant deux heures. Dans les enchaînements Porsche, il n’y avait aucune précision dans la direction et j’ai dû composer un relais et demi de cette façon. » 

Tes débuts en Porsche Mobil 1 Supercup sont plus compliqués ?

« Oui car c’est réellement une discipline de spécialistes. En qualification, c’est très serré et le moindre dixième perdu se paie cher sur la grille. Cependant, c’est pour moi une bonne expérience car j’apprends beaucoup de choses. Il n’y a pas que le résultat brut qui compte. »

Tu vas ensuite retrouver le FIA WEC où vous vous êtes relancés pour la course au titre. C’est l’objectif ?

« Au Mans, l’auto était vraiment bien sur le plan du châssis. On espère que la BOP ne changera pas et l’objectif est clairement le titre. J’avoue que ce serait bien pour moi de  décrocher un quatrième titre en quatre ans dans quatre disciplines différentes. Il y a eu l’Indy Lights puis l’Intercontinental Le Mans Cup et l’année passée la Porsche Carrera Cup France. A Silverstone, nous étions dans le coup contrairement à Spa où nous n’avons jamais été en mesure de jouer la victoire à la régulière. Toutes les courses sont difficiles à gagner. Il faudra aussi remettre en confiance Christophe (Bourret) après sa sortie du Mans. » 

Tu es couvé par Porsche et ton nom revient régulièrement pour piloter la LMP1 en 2014 au même titre que Nick Heidfeld. Tu en sais plus ?

« Déjà j’en suis flatté ! Porsche est venu me féliciter après la victoire du Mans. Ma priorité est d’être pilote officiel. Après, que ce soit en proto ou en GT, peu importe. Il est clair que piloter la Porsche LMP1 m’intéresse fortement mais la décision ne m’appartient pas. A l’heure actuelle, je n’en sais pas plus mais rester chez Porsche est ma priorité. »

Propos recueillis par Laurent Mercier