Double ambition pour Jean-Karl Vernay

L’année 2015 s’annonce copieuse pour « JKV ». Engagé pour une saison complète en Blancpain Endurance Series et en GT Asia, le pilote lyonnais s’apprête à vivre un double programme entre Europe et Asie. Entretien. Comment abordez-vous cette nouvelle saison et le programme intense qu’elle représente ? Dans les meilleures conditions. La saison dernière me laisse un goût d’inachevé et il était important de rebondir. Ces deux programmes au sein de deux super teams - Absolute Racing pour le GT Asia et W Racing Team pour le Blancpain - avec des coéquipiers très rapides, c’est parfait. Je suis mentalement serein, bien dans ma tête et très affûté physiquement. Je n’ai qu’une hâte, c’est d’attaquer la saison.

Quelles sont vos ambitions dans les deux séries ?

Elles ne peuvent être qu’élevées. En Blancpain, le team WRT a raflé quasiment tous les titres l’an passé et compte bien les défendre. Je suis là pour atteindre cet objectif en Endurance Series, comme mes équipiers qui seront le plus souvent Laurens Vanthoor et Robin Frijns.
L’équipe est très professionnelle et il y règne une excellente ambiance, détendue, où tout le monde sait rigoler. Mais quand ça devient sérieux, ça bosse, même si chacun garde le sourire. Il y a vraiment un super état d’esprit, ça fait plaisir de travailler dans ces conditions. Et puis, ils connaissent l’Audi sur le bout des doigts. Tout est réuni pour une belle saison. Après il faudra attendre la première course pour voir les forces en présence et les BOP.
Pour le GT Asia aussi je vise haut, d’autant qu’il s’agira de la première saison complète de la Bentley sur le continent.

Les essais ont-ils été à la hauteur de vos attentes ?

C’est prometteur. Je me suis rapidement adapté à l’Audi R8 LMS Ultra, à l’équipe WRT et j’ai vite signé de bonnes perfos, que ce soit au Castellet ou à Misano. Team, voitures et pilotes, le « combo » est parfait. Sur le papier, ça devrait envoyer du lourd !
Du côté de Absolute Racing, nous ne ferons les premiers essais que début mai en Corée, une semaine avant l’ouverture de la saison. Mais je connais déjà un peu la Bentley Continental GT3 et les deux courses de l’an passé se sont très bien déroulées, surtout à Shanghai. On a eu un peu plus de mal à Macao, mais vu le gabarit de l’auto, ce n’est pas la piste la plus favorable ! Dans l’ensemble, elle va très bien correspondre aux types de circuits sur lesquels on va rouler. Elle est très bien dans les rapides, sur les circuits typés F1.
Et puis je m’entends à merveille avec l’équipe, avec l’ingénieur, avec Fabien Fior et Ingo Matter. Mon équipier Jeffrey Lee est un gentleman très rapide, à qui j’espère transmettre mon expérience pour qu’il le soit encore plus ! On devrait former un bon duo et vu ce qu’on a montré avec la voiture sur les deux dernières courses de GT Asia l’an passé, la saison promet d’être excitante. Je suis vraiment très heureux de rouler pour ces deux teams et dans ces deux voitures.

Pensez-vous rouler avec la nouvelle Audi cette saison ?

Non ce n’est pas prévu. La voiture va tourner entre plusieurs équipes en 2015 et nous l’auront dans le team pour les 24 heures de Spa mais elle sera confiée aux vainqueurs de l’année dernière.

Avez-vous des pistes en vue de participer aux 24 Heures du Mans ?

J’aimerais beaucoup refaire le Mans avec une préférence pour le GTE Pro, car j’ai eu la chance de gagner l’épreuve mancelle en GTE Am en 2013, dans le team Imsa Performance. L’idéal serait de renouer avec les protos en LM P2 et dans l’absolu en LM P1 évidemment. J’ai été pilote d’essais et de réserve sur la 908 en 2011 avant le retrait du programme. En LM P2, j’ai été titré en ILMC avec Signatech, j’ai roulé à la journée test du Mans avec le Sébastien Loeb Racing… Ces machines, quand on y a goûté… Je reste à l’écoute des opportunités.

On vous a vu sur Canal+ récemment. Jean-Karl Vernay consultant, c’est un nouveau programme ?

J’ai participé aux « Spécialistes » sur Canal+ Sport et j’ai commenté l’Indycar. Je connais bien cette série pour avoir été titré en Indy Ligths, mais il a fallu s’impliquer sérieusement et bosser un peu quand même. A mon niveau de consultant junior, j’ai pu amener un peu d’expertise dans l’analyse de la course.
Bon, on ne va pas parler d’après-carrière tout de suite (rires), mais j’ai adoré faire ça et j’aime apprendre des choses nouvelles. J’espère poursuivre cette expérience, même si ça reste épisodique.

TP – 02/04/2015